Voici une nouvelle gageure: nettoyer la cuisine de l'appartement où vous avez récemment emménagé, dans laquelle une importune couche de graillou poussièreux nuit gravement à votre acclimatation tant l'importune proximité des turpitudes graisseuses et culinaires vient chagriner vos délicates mains de bureaucrate et perturber ainsi la construction rassénérée de vos nouveaux repères.
Accessoirement, ce nettoyage proche de l'exorcisme revêt l'espace d'un instant une caractéritique secondaire pour le moins étonnante mais finalement répandue chez certaines: nettoyer, décrasser , récurer, défoule .. ou détend, c'est selon.
Je me remémore avec émotion (émotion n'étant pas dénuée d'une nostalgie propre à toute personne approchant l'age fatidique des trente ans) l'étonnement sceptique, horrifié et moqueur qui était mien lorsqu'une certaine ancienne collègue très Marie Chantal d'un certain organisme de recherche où j'ai longtemps été stagiaire déclarait, les yeux brillants des mille feux que seule la satisfaction d'une ménagère devant un foyer propret peut allumer: "Moi, pour me déstresser, je passe l'aspirateur".
Une explication plausible serait de considérer que l'aspirateur mobilisant une certaine quantité d'oxygène dans la pièce concernée, le cerveau de la ménagère passe dans une semi-veille euphorique ? Ou que le sac contient du fait d'un hasard quelconque toute une plaquette de lexomil négligemment aspirée les jours précédents?
Bref.
Me voici donc armée d'une ferme résolution: faire étinceler ma cuisine et faire disparaitre l'empreinte envahissante et odorante de l'occupant précédent. Autre arme redoutable en cette occasion: un bidon de White spirit. Nulle velléité terrorriste, incendiaire ou toxicomane - votre Roussette préférée revêt l'espace d'un instant son costume d'héroïne nationale éradicatrice de crasse.
Donc: gants, chiffon, White spirit, fenêtre grande ouverte, le tout pour décaper four et poignées poisseuses, meubles collants et recoins noirâtres.
Respirer bien à fond, et compter quelques heures selon l'étendue du désastre.
2 comments:
on attend impatiemment le résultat de votre enthousiasme!
ça colle ou ça ne colle plus !
ça va, ça ne poisse plus :)
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