Sunday, February 17, 2008

Honoré de Balzac -- L'Auberge Rouge

Edition d'Adrien Goetz
Nouvelle
Extraite du recueil "Le chef d'oeuvre inconnu et autres nouvelles"
Gallimard - Coll° Folio
ISBN. 978-2-07-031726-4


Edition à pas cher pour meubler un bout de trajet de train et occasionnée par le remake du film où Fernandel jouait.

Bon, si votre seule référence "Auberge rouge" est cinématographique, vous risquez d'être déçu par la version littéraire de l'histoire?

A la fin d'un repas copieux réunissant plusieurs convives de haut rang, la fille d'un banquier demande à un négociant allemand (Hermann), de leur raconter une histoire de son cru, de celles qui font frémir, y compris en phase digestive

C'est celle-ci que le lecteur va vivre, au travers de la narration effectuée par le dit Hermann, en échos avec le propre récit de celui qui raconte comment Hermann raconte (je ne pense pas être très claire, mais relisez au calme).

Un récit à tiroirs.

L'histoire racontée à l'intérieur du récit par M. Hermann nous emmène sur les bords du Rhin, en 1799. Deux chirurgiens militaires français, jeunes, naïfs et enthousiastes, issus de Beauvais, ont comme objectif de rejoindre leur groupement d'appartenance.

L'un s'appelle Prosper Magnan ; l'autre est provisoirement nommer Wilhem car Hermann, le narrateur, a un trou de mémoire sur le nom.

Ils s'arrêtent dans une auberge, bâtisse rouge (Hoooo?) se détachant remarquablement du paysage environnant. Le gite étant complet à cause des mouvements de troupes, le couple d'aubergistes leur cède leur chambre. En attendant est entamé le repas. A ce moment intervient un autre personnage, un voyageur très riche, négociant doté d'une fortune en francs or, néanmoins très aimable.

Prosper et Wilhem partagent avec lui leur repas à table et lui proposent de partager leur chambre. Le négociant accepte volontiers car il est inquiet pour son argent et fait confiance à ces deux militaires français.

Mais le négociant a imprudemment révélé l'importance des valeurs transportées...

A son grand désarroi, Prosper peine à s'endormir, obsédé par la fortune du négociant et les perspectives qui s'offrirait à lui s'il parvenait à s'en emparer, moyennant un crime parfait.

Pour se détacher de ces noirs desseins, il se faufile à l'extérieur en ouvrant les fenêtres savamment verrouillées, prend l'air de la campagne et, rasséréné, retourne dans la chambre de l'auberge. Il ne prend garde ni à l'atmosphère étouffante qui y règne avec l'obscurité, ni au petit bruit régulier qu'il assimile à un bruit d'horlogerie. Il se rendort.

Au petit matin, réveillé par un vacarme qui règne dans l'auberge, il découvre avec effroi le négociant baignant dans son sang à côté de son propre instrument de chirurgie - ledit instrument le compromettant irrémédiablement au regard des autorités militaires.

Suspecté, il est emprisonné. C'est en prison qu'Hermann, également prisonnier fait sa connaissance, et comprend qu'il est innocent.

Retour autour de la table après le diner: c'est à cet instant que le Hermann-narrateur retrouve le prénom de celui qu'il a baptisé Wilhem: Frédéric.

Lors de tout ce récit, l'attitude de l'un des convives, un banquier intrigue le narrateur (celui qui raconte le récit de Hemann racontant son histoire), voire suscite ses soupçons qui s'avèrent presque fondés : le banquier se nomme Frédéric Taillefer et il est de Beauvais.

Il serait alors peut-être le vrai meurtrier, celui-là même qui aurait laissé son ami Prosper se faire condamner? Or le narrateur est précisément amoureux de la fille du banquier, et ne souffrirait de s'allier à un assassin. Ne pouvant oublier la demoiselle et apprenant la mort du banquier Taillefer, il invite dix-sept proches à le conseiller pour décider de sa conduite, sans toutefois lever le voile, à la fin du texte, sur le choix qu'il fera.

C'est très coloré, vivant, accessible - du Balzac, quoi. Mais malgré cette impression globalement favorable je n'ai personnellement pas pu m'empêcher de trouver quelques passages niaiseux et/ou simplistes.

No comments: