Sunday, January 13, 2008

Rêverie vespérale

Je sirotais un troisième verre de Four roses et Dragàn ronronnait sereinement sur mes genoux.

Je me disais que dans cette ville, contrairement à Paris, la nuit et les étoiles existaient. Le ciel était lointain, sombre, et ne semblait pas être cette émanation au souffle court, jaune et lumineux, si caractéristique de mes errances urbaines de jadis.

La nuit s'imposait doucement à moi, les rues étaient vides au dehors et mes fenêtres semblaient curieusement aveugles. La télé, rendue muette, crachait ses images absurdes, mais mon œil ne parvenait pas à les saisir.

Des enceintes n'en finissait pas de naitre une harmonie séduisante. Un violoncelle, sa tessiture grave et sensuelle -- charnelle.

Des ors chatoyants, des pourpres virevoltant comme autant de flammes dévorant l'infini: quelques notes en l'air, vibrantes et chaleureuses, et le temps suspendait son envol.

J'ai basculé des yeux quelques minutes -- qui sait? Quelques heures peut-être -- et rien n'existait plus alors que ce fil sonore tendu vers l'horizon ténébreux, cet aqueduc mental entre le néant et l'absolu. Le monde et moi nous cristallisions en cet instant rayonnant.

Un immense sourire venait de rayer mon visage.

No comments: