
Titre original: Beim Haüten der Zwiebel
Roman (autobiographique) traduit de l'allemand par Claude Porcell
Editions du Seuil
ISBN 978-2-02-093395-7
C'est avec plaisir que je reprends le fil de mes chroniques pour vous parler de ce livre.
Vous connaissez très certainement Günter Grass, Prix Nobel de littérature 1999, auteur allemand notamment du mondialement célèbre Tambour, dont vous pourrez lire une bonne critique ici.
Et non moins certainement entendu quelques-un des échos de la polémique ayant fait suite à la grande révélation contenu dans "pelures d'oignon" -- un "scoop" sulfureux (non j'exagère) et retentissant contenu, pour les curieux, page 106 et suivantes (107 pour être très précis).
Günter Grass, auteur phare de l'après guerre, symbole de la lutte contre le silence plein de culpabilité qui a longtemps pesé sur le peuple allemand comme une chape de plomb -- un non dit sociétal et transgénérationnel -- militant pour un repentir "constructif"... évoque de façon détaillée son entrée au sein des Waffen-SS, et les quelques jours où il a revêtu l'uniforme sans tirer un seul coup de fusil (sic)
Bon, autant dire, si cet auteur ne vous dit rien, ce bouquin risque de ne pas beaucoup vous intéresser. Günter Grass se livre ici au difficile exercice de l'autobiographie non exhaustive -- par morceaux choisis.
Son enfance à Dantzig, ses relations avec ses parents, avec la peur, l'amour et la mort, sa rencontre avec l'art et l'écriture ....
Les métaphores employées expliquent le titre:
Le souvenir se fonde sur des souvenirs qui se fondent à leur tour sur des souvenirs en quête de souvenirs. C’est ainsi qu’il ressemble à l’oignon, dont chaque pelure qui tombe met au jour des choses longtemps oubliées, jusqu’aux dents de lait de la première enfance, mais ensuite le tranchant du couteau lui donne une autre destination : haché peau après peau, il fait venir des larmes qui troublent le regard.
Günter Grass utilise aussi la métaphore de l'ambre: le souvenir cristallisé, enkysté dans la mémoire comme l'insecte dans la résine fossile qui roule, brillante, sur les plages de la Baltique.
Beaucoup de force et de poésie par moment, avec une émotion à fleur de pages, beaucoup de pudeur mais pas d'excuses recherchées pour "cette recrue qui portait son nom" et qui ne posait pas de question.
Un petit bémol néanmoins: l'aspect un peu neutre, fade, teintant le récit en dehors des moments susvisés et une tendance récurrente à l'auto-citation.
Je pense que ceux qui sont déjà initiés à Günter Grass et à sa plume ont plus de chances d'apprécier que les autres ^^
Roman (autobiographique) traduit de l'allemand par Claude Porcell
Editions du Seuil
ISBN 978-2-02-093395-7
C'est avec plaisir que je reprends le fil de mes chroniques pour vous parler de ce livre.
Vous connaissez très certainement Günter Grass, Prix Nobel de littérature 1999, auteur allemand notamment du mondialement célèbre Tambour, dont vous pourrez lire une bonne critique ici.
Et non moins certainement entendu quelques-un des échos de la polémique ayant fait suite à la grande révélation contenu dans "pelures d'oignon" -- un "scoop" sulfureux (non j'exagère) et retentissant contenu, pour les curieux, page 106 et suivantes (107 pour être très précis).
Günter Grass, auteur phare de l'après guerre, symbole de la lutte contre le silence plein de culpabilité qui a longtemps pesé sur le peuple allemand comme une chape de plomb -- un non dit sociétal et transgénérationnel -- militant pour un repentir "constructif"... évoque de façon détaillée son entrée au sein des Waffen-SS, et les quelques jours où il a revêtu l'uniforme sans tirer un seul coup de fusil (sic)
Bon, autant dire, si cet auteur ne vous dit rien, ce bouquin risque de ne pas beaucoup vous intéresser. Günter Grass se livre ici au difficile exercice de l'autobiographie non exhaustive -- par morceaux choisis.
Son enfance à Dantzig, ses relations avec ses parents, avec la peur, l'amour et la mort, sa rencontre avec l'art et l'écriture ....
Les métaphores employées expliquent le titre:
Le souvenir se fonde sur des souvenirs qui se fondent à leur tour sur des souvenirs en quête de souvenirs. C’est ainsi qu’il ressemble à l’oignon, dont chaque pelure qui tombe met au jour des choses longtemps oubliées, jusqu’aux dents de lait de la première enfance, mais ensuite le tranchant du couteau lui donne une autre destination : haché peau après peau, il fait venir des larmes qui troublent le regard.
Günter Grass utilise aussi la métaphore de l'ambre: le souvenir cristallisé, enkysté dans la mémoire comme l'insecte dans la résine fossile qui roule, brillante, sur les plages de la Baltique.
Beaucoup de force et de poésie par moment, avec une émotion à fleur de pages, beaucoup de pudeur mais pas d'excuses recherchées pour "cette recrue qui portait son nom" et qui ne posait pas de question.
Un petit bémol néanmoins: l'aspect un peu neutre, fade, teintant le récit en dehors des moments susvisés et une tendance récurrente à l'auto-citation.
Je pense que ceux qui sont déjà initiés à Günter Grass et à sa plume ont plus de chances d'apprécier que les autres ^^
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