Der Prozess
Roman de Franz Kafka
Traduit de l'allemand avec une introduction d'Alexandre Vialatte
Préface de Bernard Groethuysen
Chez Gallimard, collection folio
Quelqu'un - qui se reconnaîtra s'il passe par là - m'a un jour dit que Kafka, ça lui faisait un peu peur.
Finalement la notion de peur n'est pas si incongrue que ça. Il y a, dans le Procès, une anxiété latente. D'ailleurs d'après André Gide, L'angoisse que ce livre respire est, par moments, presque intolérable, car comment ne pas se dire sans cesse: cet être traqué, c'est moi?
Il existe déjà une multitude d'analyses approfondies de ce livre, qui figure parmi les grands classiques de Kafka, aux cotés par exemple de la métamorphose et qui en outre est à l'étude en terminale pour le bac (Vous pourrez en trouver ici une étude scolaire).
Beaucoup de monde a écrit sur ce livre, et Kafka en général, et pas n'importe qui: Gide (cf. ci-dessus), Camus (Tout l'art de Kafka est d'obliger le lecteur à relire [...] Mais on aurait tort de vouloir tout interpréter dans le détail chez Kafka in L'espoir et l'absurde dans l'œuvre de Franz Kafka), Barthes et Kundera.
Il serait infiniment prétentieux et ridicule d'écrire, en moins bien, ce que d'autres ont déjà dit mille fois mieux et de façon très complète. Je me contenterai donc de vous situer rapidement l'histoire et de vous faire part de mon ressenti.
Imaginez la scène.
Vous êtes un citoyen lambda, d'une insignifiance banale et rassurante. Un jour, tandis que vous vous éveillez péniblement aux premières lueurs du jour, deux hommes vous signifient que vous êtes arrêté. Libre, mais arrêté.
On vous apprend qu'un procès se déroule à votre sujet. Mais dans cette justice, vous ne saurez jamais pourquoi.
Ni comment.
Ni par qui.
Kafka décrit une justice qui est une non-justice, une justice absurde au sens premier du terme (vient du latin absurdus qui signifie dissonant), se caractérisant pas une opacité et une insécurité extrèmes.
L'individu est impuissant face à ce système: d'abord entouré, il finit seul. Cette solitude dans la lutte et la traque (on le harcèle) rend la situation angoissante et pénible. D'autant plus que plein de situations absurdes brouillent les repères: les bureaux de la justice sont cantonnées aux greniers, les auxilliaires de justice se font fouetter dans des réduits par des hommes en combinaison de cuir, les condamnés sont exécutés avec des couteaux de boucher etc.
Au delà d'une foule de métaphore que l'on peut imaginer (mais inutile de commenter les commentaires de commentateurs déjà commentés), l'ambiance, l'atmosphère, est très austère, pesante, mais efficace.
Il serait donc dommage de s'en priver.
Roman de Franz Kafka
Traduit de l'allemand avec une introduction d'Alexandre Vialatte
Préface de Bernard Groethuysen
Chez Gallimard, collection folio
Quelqu'un - qui se reconnaîtra s'il passe par là - m'a un jour dit que Kafka, ça lui faisait un peu peur.
Finalement la notion de peur n'est pas si incongrue que ça. Il y a, dans le Procès, une anxiété latente. D'ailleurs d'après André Gide, L'angoisse que ce livre respire est, par moments, presque intolérable, car comment ne pas se dire sans cesse: cet être traqué, c'est moi?
Il existe déjà une multitude d'analyses approfondies de ce livre, qui figure parmi les grands classiques de Kafka, aux cotés par exemple de la métamorphose et qui en outre est à l'étude en terminale pour le bac (Vous pourrez en trouver ici une étude scolaire).
Beaucoup de monde a écrit sur ce livre, et Kafka en général, et pas n'importe qui: Gide (cf. ci-dessus), Camus (Tout l'art de Kafka est d'obliger le lecteur à relire [...] Mais on aurait tort de vouloir tout interpréter dans le détail chez Kafka in L'espoir et l'absurde dans l'œuvre de Franz Kafka), Barthes et Kundera.
Il serait infiniment prétentieux et ridicule d'écrire, en moins bien, ce que d'autres ont déjà dit mille fois mieux et de façon très complète. Je me contenterai donc de vous situer rapidement l'histoire et de vous faire part de mon ressenti.
Imaginez la scène.
Vous êtes un citoyen lambda, d'une insignifiance banale et rassurante. Un jour, tandis que vous vous éveillez péniblement aux premières lueurs du jour, deux hommes vous signifient que vous êtes arrêté. Libre, mais arrêté.
On vous apprend qu'un procès se déroule à votre sujet. Mais dans cette justice, vous ne saurez jamais pourquoi.
Ni comment.
Ni par qui.
Kafka décrit une justice qui est une non-justice, une justice absurde au sens premier du terme (vient du latin absurdus qui signifie dissonant), se caractérisant pas une opacité et une insécurité extrèmes.
L'individu est impuissant face à ce système: d'abord entouré, il finit seul. Cette solitude dans la lutte et la traque (on le harcèle) rend la situation angoissante et pénible. D'autant plus que plein de situations absurdes brouillent les repères: les bureaux de la justice sont cantonnées aux greniers, les auxilliaires de justice se font fouetter dans des réduits par des hommes en combinaison de cuir, les condamnés sont exécutés avec des couteaux de boucher etc.
Au delà d'une foule de métaphore que l'on peut imaginer (mais inutile de commenter les commentaires de commentateurs déjà commentés), l'ambiance, l'atmosphère, est très austère, pesante, mais efficace.
Il serait donc dommage de s'en priver.
2 comments:
je passe effectivement par ici. Comme de coutume. Tes mots soulagent mes maux, tu le sais.
Heu ....
Oui mais non.
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