
Pierre de patience
Editions POL
ISBN 978-2-84682-277-0
Le site de l'éditeur parle de cet ouvrage ici et en donne à lire en ligne quelques extraits par là.
J'imagine plein de choses:
- vous avez déjà entendu parler de ce livre, ne serait-ce que parcequ'il s'agit du prix goncourt 2008
- Vous avez lu déjà plein de choses plus ou moins intéressantes et/ou plus ou moins redondantes à son sujet parmi les 45000 résultats de la recherche éventuellement effectuée sur un célèbre moteur de recherche
L'endroit: l'Afghanistan de nos jours, peuplé non seulement pas ses fantômes mais également par ses habitants
Les personnages:
Un mari, plongé depuis trois semaines dans un état semi végétatif suite à une blessure par balle dans la nuque qui n'a rien à voir avec le combat militaro-politique qu'il menait jusqu'alors.
Son épouse, qui reste à ses cotés, impuissante, et récitant patiemment chaque jour, comme préconisé par le Mollah du coin, l'un des 99 noms d'Allah(d'ailleurs j'ai personnellement appris à cette occasion qu'Allah avait 99 noms, dont le dernier était "Al Sabour", càd "Dieu le patient", ce qui va très bien avec l'histoire)
Leurs enfants (deux filles) qui n'ont qu'un rôle indirect
Deux soldats Afghans qui feront leur apparition.
Action!
Ce n'est pas précisément le terme qui convient, car il y a au final assez peu d'action dans ce livre. On est plutôt dans un monologue (celui de la femme qui s'adresse à un mari comme quelqu'un écrirait à un absent), monologue virant peu à peu à la confession.
La femme, qui n'existait auparavant qu'au trevers son role d'épouse et de mère, passe en revue son passé. Son mariage arrangé avec un homme qu'elle n'a connu que trois ans après, la négation de sa féminité et de son individualité, le role de son beau père et de sa tante comme maîtres à penser, etc...
Très rapidement on fait le lien entre la pierre de patience et le mari, qui reçoit la confidence.
Comme nous l'indique le quart de couverture, la pierre de patience "syngué sabour" est une pierre sur laquelle on déverse toutes ses souffrances, jusqu'à ce qu'elle éclate, libérant ainsi celui qui se confie.
La confidence de la femme est poussée à l'extrème. Et bien entendu, la pierre (id est, le mari) "éclate". Sauf que contrairement à ce qu'espérait la femme, le mari est resté le même. Et la délivrance, toute relative.
Les images, analogies et grands thèmes abordés: la condition de la femme dans la société afghane, la brutalité à laquelle elle doit parfois faire face, le sang et l'honneur, l'amour, qui se confond ici avec la résignation, et la liberté
J'ai bien aimé la façon qu'a eu l'auteur de traiter ces sujets, sa façon de rendre l'ambiance du huis clos particulièrement pesante, et la plume, alternant des épisodes crus et d'autres très poétiques.
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