Monday, May 26, 2008

Yoko Ogawa - L'annulaire


Titre original: Kusuriyubi no hyohon
Récit traduit du japonais par
Rose-Marie Makino-Fayolle
Editions Actes Sud
Collection Babel
ISBN 978-2-7427-5628-5


J'avais fait connaissance avec les récits de cet auteur via Une parfaite chambre de malade, suivie de La désagrégation du papillon, chroniqué ici

L'annulaire reste dans le même style, cette fois à mi chemin entre le roman et la nouvelle (estampillé "récit")

Une jeune femme d'une vingtaine d'années devient l'assistante de M. Deshimaru.

Ce dernier a un rôle très particulier: cloitré dans son laboratoire, il prépare des specimens à longueur de temps. Ce n'est pas un taxidermiste ordinaire: les gens ont recours à ses services pour figer, cristalliser dans l'instant tel ou tel objet représentant une part d'eux même, au sens propre comme au sens figuré.

L'objet est ensuite stocké au laboratoire, dans des salles de conservation, et peut recevoir la visite de son propriétaire, un peu comme un souvenir recevrait la visite de celui qui fait travailler sa mémoire.

L'ambiance de cet endroit est assez particulière, les matériaux sont tous comme figés, de même que la lumière, les sons... L'auteur a réussi à créer une ambiance particulière en travaillant l'image de ces différents éléments.

La jeune assitante a une particularité physique qui va finir par prendre beaucoup d'ampleur dans l'histoire. Il lui manque une partie de son annulaire, un "bivalve rouge comme une fleur de cerisier" qui s'est carapaté dans des litres de limonade.

Elle va se laisser happer par le charme (au sens premier du terme) de l'endroit et du maitre des lieux, mais un certain mystère demeure, tapi à la façon d'une ombre: des gens disparaissent, comme absorbés par cette mémoire solide.

Plume aérienne, personnages fascinants et histoire séduisante.

No comments: