Monday, April 23, 2007

Lettre ouverte à un exilé

Je vous ai longtemps négligé faute de temps (et d'envie d'écrire) et surtout en raison d'une prédominance grandissante des questions contingentes et juridiques sur les questions humaines, spirituelles et littéraires.

Pauvres petites pauses méditatives piétinées par l'urgence des recherches et par un quasi épuisement désormais chronique.

Donc, vous partez, pour des horizons
1/ plus sereins
2/ plus souriants
3/ plus passionnants
4/ moins décevants

(rayez la ou les mentions inutiles)

Vous faites bien, veinard.

Je ferais pareil si
1/ je pouvais
2/ j'avais le courage de m'astraire de la routine rassurante de ma petite existence
3/ les autres horizons étaient plus prometteurs que ceux qui m'environnent (ce qui est on ne peut plus incertain)

Certains disent que partir c'est mourir un peu -- moi je pense que c'est renaître tout autant à chaque fois: Je vous souhaite donc une joyeuse (petite?) mort ou une joyeuse renaissance, tout dépend des points de vue que l'on souhaite adopter.Je vous le dis tout de go, la seconde hypothèse est réputée plus enthousiasmante.

Prenez juste garde à ne pas alourdir vos bagages de trop de souvenirs.

La notion de départ a quelque chose de très romanesque, en fait. Mon esprit, qui travaille sans cesse à l'élaboration de visualisations colorées ou ténébreuses, a décrit la pièce suivante (acte unique, scène unique) :

Oh et puis non, ce serait trop long. Et je suis quelqu'un de beaucoup trop réservé pour pouvoir livrer le fruit de mes élucubrations cérébrales. Rien n'est plus intime que ce type de divagations, que l'on laisserait comme ça, flottantes, à la merci de la première main tendue du premier passant venu (Et la seconde main, vous direz-vou? Elle ne compte pas, c'est un peu comme la seconde application de l'invention à caractère thérapeutique).

Il est 21h00 et je finis la journée comme je l'ai commencée. Sous un néon, devant un écran blafard.

La nuit tombe, chaude et pâle, avec ses odeurs d'été et d'asphalte. Une vague envie de marcher dans les vastes espaces. A défaut de forêts tropicales et de plages languissantes, mes rêves se nourrissent d'altitudes et de soleils qui sombrent dans les flots pourpres.

2 comments:

Anonymous said...

Rêver c'est partir un peu, du coup

bunee said...

Aussi, oui :)