
Trois maîtres -- Balzac, Dickens, Dostoïevski
Essais littéraires de Stefan Zweig
Traduit de l'allemand par Henri Bloch et Alzir Hella
Chez Belfond, collection le livre de poche
Dans ces essais, somme toute relativement courts, Stefan zweig aborde les univers de trois grands de la littérature : Balzac, Dickens, et Dostoïevski.
La critique est très riche et met en parrallèle les différents univers et les caractéristiques de chacun de ces écrivains. L'influence des épopées napoléoniennes sur la puissance de l'oeuvre de Balzac. L'impact d'une enfance malheureuse et démunie sur les écrits de Dickens. Grandeurs et décadences du génie de Dostoïevski, frolant la folie.
Autant vous le dire tout de suite: si Rastignac n'évoque pour vous qu'un patelin du sud ouest, si David Copperfield ne vous fait penser qu'à un ex de Claudia Schiffer et si Karamazov ne suggère à votre esprit qu'une obscure marque de vodka, vous risquez de passer à coté de beaucoup de choses: les multiples références aux oeuvres ne vous toucheront pas et la portée des commentaires de Zweig en sera d'autant plus amoindrie.
Néanmoins ces essais peuvent être considérés comme une excellente introduction à cette littérature en vous donnant envie de mieux la connaître et de mieux la comprendre
Cet auteur véritablement fascinant a mis fin à ses jours en 1942 avec ces mots (aucun rapport mais je n'y résiste pas):
Essais littéraires de Stefan Zweig
Traduit de l'allemand par Henri Bloch et Alzir Hella
Chez Belfond, collection le livre de poche
Dans ces essais, somme toute relativement courts, Stefan zweig aborde les univers de trois grands de la littérature : Balzac, Dickens, et Dostoïevski.
La critique est très riche et met en parrallèle les différents univers et les caractéristiques de chacun de ces écrivains. L'influence des épopées napoléoniennes sur la puissance de l'oeuvre de Balzac. L'impact d'une enfance malheureuse et démunie sur les écrits de Dickens. Grandeurs et décadences du génie de Dostoïevski, frolant la folie.
Autant vous le dire tout de suite: si Rastignac n'évoque pour vous qu'un patelin du sud ouest, si David Copperfield ne vous fait penser qu'à un ex de Claudia Schiffer et si Karamazov ne suggère à votre esprit qu'une obscure marque de vodka, vous risquez de passer à coté de beaucoup de choses: les multiples références aux oeuvres ne vous toucheront pas et la portée des commentaires de Zweig en sera d'autant plus amoindrie.
Néanmoins ces essais peuvent être considérés comme une excellente introduction à cette littérature en vous donnant envie de mieux la connaître et de mieux la comprendre
Cet auteur véritablement fascinant a mis fin à ses jours en 1942 avec ces mots (aucun rapport mais je n'y résiste pas):
Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j'éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m'a procuré, ainsi qu'à mon travail, un repos si amical et si hospitalier.
De jour en jour, j'ai appris à l'aimer davantage et nulle part ailleurs je n'aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l'Europe, s'est détruite elle-même.
Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble.
Et les miennes sont épuisées par les longues années d'errance.
Aussi, je pense qu'il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde.
Je salue tous mes amis.
Puissent-ils voir encore l'aurore après la longue nuit !
Moi je suis trop impatient, je pars avant eux."
Stefan Zweig, Pétropolis, 22-2-42
*sigh*
De jour en jour, j'ai appris à l'aimer davantage et nulle part ailleurs je n'aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l'Europe, s'est détruite elle-même.
Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble.
Et les miennes sont épuisées par les longues années d'errance.
Aussi, je pense qu'il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde.
Je salue tous mes amis.
Puissent-ils voir encore l'aurore après la longue nuit !
Moi je suis trop impatient, je pars avant eux."
Stefan Zweig, Pétropolis, 22-2-42
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