Friday, October 13, 2006

Entre spontanéité et maladresse ...

Avec une autre collègue gentille mais un brin maladroite, Elle devait déjeuner avec une connaissance, dépressive de longue date, récemment veuve, et incorrigible malchanceuse.

Le genre de femme à avoir été mariée à une brute épaisse, avoir quitté sa maison avec sa marmaille, quasiment à la rue, s'être quasi suicidée, s'être remariée avec un insuffisant rénal dialysé deux fois par semaines, avoir été dans l'obligation de vendre ses meubles pour pouvoir se nourrir, avoir accumulé périodes de chômages, déménagé, eu des problèmes avec son nouveau propriétaire.

Bref, la caricature vivante du personnage qui n'a pas de chance (mais qui a tout de même su rester quelqu'un de très digne et de vraiment adorable, ce qui à mon avis relève de l'exploit).

Cette personne avait assez récemment perdu son mari d'une complication rénale aggravée par une négligence médicale et nous racontait comment elle gérait émotionnellement la difficulté.

Collègue paillefoin (CP): Han mais alors le médecin n'a rien vu?
Connaissance dépressive (CD): Non, pourtant cela faisait un an qu'il se plaignait de fièvres
CP: Mais vous auriez dû changer de médecin alors !!!
Elle: ...
CP: Oui mais ça on ne le savait pas
CD: Mais pourquoi tu ne t'es douté de rien??
(peu après)
CD: On a fait un don des cornées
CP: Euh c'est quoi les cornets ?
(Elle tentait de maintenir son silence, hésitant entre agacement navré et fou rire nerveux.)

Fin mot de l'histoire:

Voici une règle d'Or pour réconforter les personnes:
bien souligner les erreurs de celles-ci, qui n'ont déjà *pas du tout* tendance à culpabiliser.

Epilogue:

Dans la lignée "pas de chance", environ 6 mois après la mort de l'insuffisant rénal, l'hôpital appelle la veuve ... pour lui signaler qu'un greffon étant disponible son mari doit se présenter au plus vite pour la greffe
...

(accessoirement c'est grave car cela voudrait dire que les listes d'attente des receveurs d'organes ne sont pas correctement actualisées)

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